Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 07:32

"Une famille est un endroit où l'esprit entre en contact avec l'esprit des autres. S'il y a de l'amour entre ces esprits, le foyer devient aussi beau qu'un jardin fleuri. Mais si ces esprits ne sont pas en harmonie les uns avec les autres, c'est comme si une tempête ravageait le jardin." Bouddha

Cela résume bien la philosophie de Karine qui tente d'inculquer à ces enfants certaines valeurs essentielles dont l'esprit de famille. Elle essaie chaque jour de planter la graine de l'amour dans ce jardin familial. Car elle sait bien que la paix et l'amour doivent y régner car il ets très difficile de trouver cela à l'extérieur car les gens sont de plus en plus individualistes.

Si l'amour règne dans le foyer alors la famille rayonne et rien ne pourra en désunir les membres à condition que ceux-ci entretiennent au quotidien cet amour.

 

Par youssef
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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 11:46

Maître Zhoang à son disciple :

« Sache une chose, jeune Li. Celui qui se lance en quête de la vérité aura à endurer de nombreuses souffrances. C’est un chemin long et très difficile.

Tout d’abord, il faudra que tu distilles les nombreux discours que tu entendras afin d’en tirer le vrai du faux. Les personnes que tu rencontreras ne seront pas forcément de mauvaise intention ; elles seront persuadées de détenir la vérité. Aussi, il ne faudra pas relâcher ton attention et maintenir en éveil ton sens critique à chaque instant. Cela te demandera un effort constant afin de pouvoir te détourner des mirages.

Mais la plus grande souffrance est celle que tu ressentiras au fond de toi lorsque tu verras tes convictions s’effondrer l’une après l’autre. Attends-toi, en effet, à devoir passer au tamis tout ce que tu croyais vrai jusqu’à présent, tout ce que l’on t’as enseigné de père en fils.

Tu te sentiras très seul dans ton cheminement. Mais il arrivera un jour où tu croiseras en chemin d’autres chercheurs de vérité avec qui tu compareras tes conclusions. Il faudra faire preuve de beaucoup d’humilité et t’interroger sans cesse.

Mais, je te le répète, ce chemin est long et difficile. »

Par youssef
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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 11:18

La mort fait partie de la vie   et   elle en est, qu’on le veuille ou non, l’issue inéluctable. Il y aurait, dans le monde, chaque seconde, quatre naissances et deux décès. Quelles que puissent être les croyances des uns et des autres, nous savons tous que notre heure arrivera, la plupart du temps sans prévenir. La mort est là, tapie dans l’ombre, et attend. Nul ne sait dans quelles circonstances ni à quel moment cela arrivera. Et je mets au défi quiconque de pouvoir affirmer le contraire. La seule certitude que nous ayons est que chacun d’entre nous quittera ce monde un jour ou l’autre. Cela peut arriver dans les minutes qui viennent, sans avoir eu le temps de terminer ces quelques lignes, ou bien dans quelques mois ou quelques années, que l’on ait eu le temps ou non d’achever son œuvre.

Cependant, pris dans le tourbillon de la vie et la routine, nous n’y pensons qu’en de rares circonstances. C’est comme si nous voulions, de façon consciente ou inconsciente, en nier l’existence, oublier que, quel que soit notre temps de trajet, celui-ci aura un terme.

Il y a quelques jours de cela à peine, j’ai été très affecté et attristé par la mort d’un jeune enfant que je ne connaissais pas du tout. Cette triste nouvelle a été relayée par un fameux réseau social sur internet. Rayan, un garçon de tout juste six ans, a été percuté par une voiture alors qu’il traversait la rue sur un passage protégé. Il se rendait à l’école, comme tous les matins, accompagné de sa maman et sa vie s’est arrêtée là, dans un froid glacial. Nul n’aurait pu imaginer que ce petit, pour qui ses parents avaient certainement de grandes ambitions, ne vivrait pas au-delà de ce jour. Il est parti trop tôt !

Ce matin-là, ses parents s’en souviendront toujours. La maman doit regretter de ne l’avoir pas suffisamment serré dans ses bras avant de sortir de chez elle. Elle doit s’en vouloir de l’avoir grondé la veille et de ne lui avoir pas suffisamment exprimé son amour.

Dans le même temps, on m’a annoncé une autre triste nouvelle. L’une de mes collègues de travail, âgée de vingt-sept ans, s’est réveillée un matin près du corps froid et rigide de son compagnon. Lorsqu’ils se sont couchés, la veille, tout allait bien et rien ne laissait présager qu’il ferait une rupture d’anévrisme durant la nuit. Quel ne fut pas le choc pour leur entourage ainsi que pour leur petite fille de huit ans ! Il est parti trop tôt ! Il n’aura pas eu le temps de mener à bien tous les projets qu’il avait échafaudés avec sa compagne et ne verra pas non plus son enfant grandir.

La perte d’un être cher est douloureuse et il n’y a aucun mot pour décrire cette immense tristesse. Certains, après cette terrible épreuve, en oublient de vivre leur vie et vont jusqu’à se laisser mourir à petit feu.

C’est l’occasion, pour tous, de se remettre en tête que nul n’est éternel et que notre passage sur terre est toujours trop court car l’ombre de la mort plane au-dessus de nos têtes. Croyez-moi ou non, si nous l’avions en tête nous changerions nos comportements tout comme nos rapports à autrui. Ainsi, nous vivrions chaque instant comme s’il était le dernier et tout serait vraiment bien différent.

Par youssef
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Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 09:39

31 Décembre, date que tout le monde attend avec impatience afin de faire la fête, la plus grande de l’année, et de tourner la page. Comme si passer d’une année à une autre, en l’espace d’une nuit, effaçait tout ce qui aurait pu se produire durant l’année précédente. C’est un moment auquel la plupart des gens se prépare avec ardeur.

Une croyance populaire dit, en effet, que l’on termine l’année comme on l’a débutée. Alors, tous veulent faire en sorte qu’elle démarre le mieux possible. C’est pourquoi tout le monde veut, ce soir là, faire la fête et s’amuser. Personne ne veut rester seul chez soi. Karine pense que la plus grande peur de l’homme est la crainte de la solitude. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le nombre de personnes qui espèrent rencontrer le grand amour le soir de la Saint-Sylvestre, comme s’il était le plus propice à faire des rencontres. Comme si l’on pouvait trouver l’âme sœur plus facilement qu’au cours des  364 autres soirs de l’année.

Karine pense que cela devrait être l’occasion pour tous de faire une sorte de bilan de l’année écoulée. Certains les font ; c’est le cas des journalistes et économistes qui y consacrent de nombreuses pages dans les journaux. Nous avons également droit, chaque année, à des best off ; le meilleur du meilleur. Mais cela est très pesant et n’amuse, en réalité, que très peu de personnes. Enfin, cela n’est pas du tout du goût de Karine. Elle a, à chaque fois, l’impression d’avoir vu ces images des centaines de fois. Mais des vrais bilans, elle doute que beaucoup en fassent réellement. Peu nombreux sont ceux qui profitent de l’occasion pour s’isoler et faire le point sur leur vie passée et prendre des décisions concrètes qui leur permettront de s’améliorer ou de changer.

Ce que ne supporte pas Karine dans ces soirées c’est que lorsque sonne le douzième coup de minuit tout le monde saute et s’embrasse en se souhaitant une bonne année. Même ceux qui ne se supportent pas s’embrassent comme les meilleurs amis du monde et font semblant d’oublier leurs inimitiés et conflits. Très peu –trop peu au goût de Karine- de ces souhaits de « Bonne année, bonne santé, etc. » sont réellement sincères. Mais, il s’agit là d’une sorte de rituel auquel tout le monde s’adonne par habitude, vieille habitude ancrée depuis des décennies. Sorte de rituel sans sens ni profondeur. L’hypocrisie l’a emporté  sur la sincérité. Elle est écœurée par tout ce cinéma. Et, le plus affligeant c’est que cette farce va se répéter et se prolonger pendant une quinzaine de jours. Au travail, dans la rue, entre voisins, on va se faire de grands sourires et ce sera la seule fois dans l’année. Ensuite, si l’on ne revoie pas son voisin pendant des mois on ne s’en inquiètera pas.

Avec le 1er janvier, viennent aussi les traditionnelles « bonnes résolutions » de début d’année. Et l’on entend, par ci par là, des choses comme « Cette année, c’est décidé, j’arrête de fumer » ou alors « J’arrête de boire ». Ou encore, « Je vais me mettre au sport ». D’aucuns décideront de changer de travail ou d’épouse. C’est une tradition que de prendre des résolutions. C’est d’ailleurs pour cela que cela ne dure jamais plus de quinze jours, un mois pour les plus vaillants.

Enfin, les résolutions prises seront très nombreuses mais Karine semble avoir remarqué que personne ne décide, en général, de faire un travail sur soi et de changer. Personne ne semble vouloir opérer de changement profond dans sa manière d’être ou d’agir avec les autres. Les attitudes, les vœux, les résolutions prises sont à l’image des relations qu’entretiennent tout au long de l’année les uns et les autres : superficielles.

Par youssef
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Samedi 25 décembre 2010 6 25 /12 /Déc /2010 19:52

En cette période de fêtes de fin d’année, Karine se montre plus sensible qu’à l’accoutumée à la situation et la détresse de son prochain. En effet, c’est un moment auquel tout le monde se prépare des mois à l’avance et dépense –presque sans compter- dans tous les domaines : alimentaire, vestimentaire, jouets, etc. « C’est fou ce que les gens peuvent dépenser. », a-t-elle dit à Bob, son mari. « C’est à croire que la crise n’existe pas. » Ce à quoi il lui a répondu : « C’est une sorte de parenthèse dans l’année où tous veulent faire plaisir et, surtout, se faire plaisir. »

Certains se plient volontiers à cette cérémonie d’échanges de cadeaux, d’autres le font par obligation y voyant là une mascarade de plus dans un monde qu’ils jugent de la plus haute hypocrisie. Mais ce qui a  toujours laissé Karine admirative et à la fois stupéfaite c’est cette capacité qu’ont les parents à aller jusqu’à se priver de produits de première nécessité pour offrir à leurs enfants un Noël digne de ce nom. Ils veulent, à tout prix, leur offrir un cadeau et maintenir ainsi vivant le mythe du Père Noël qui vient, une fois par an, de sa contrée lointaine, récompenser les enfants qui ont su se montrer sages et méritants tout au long de l’année.

Pour ne pas être dans l’embarras face à ces enfants dont les yeux et tout le visage s’illuminent de joie à la simple vue des paquets cadeaux sous le sapin, ils vont même jusqu’à inventer des histoires pour excuser les maladresses et manquements d’un Père Noël sollicité de toutes parts. Aussi Karine a-t-elle entendu ce matin-même un enfant, d’environ six ans, demander :

- « Maman, pourquoi Papa Noël il m’a pas apporté la Playbox XP2613 ?

- Pourquoi ? Il te plaît pas ton cadeau, mon cœur ?

- Si, mais j’aurais mieux préféré la Playbox XP2613. Eh ben, Thomas, lui, le Père Noël il lui a amené. Et, en plus, on a écrit la même lettre.

- Ecoute, mon cœur… Je ne sais pas… Euh… Peut-être que tu n’as pas été assez sage.

- Non ! Même pas vrai ! Et pis Thomas, il fait plus de bêtises que moi d’abord. La maîtresse elle fait rien que le punir.

- Euh… Ou alors, les lutins du Père Noël n’en ont pas fabriqués suffisamment.

- Même pas vrai. Y’en avait hier au magasin quand on est partis acheter la bûche.

- Ecoute… Je ne sais pas moi… En attendant, joue avec le beau jouet que tu as reçu et peut-être que l’an prochain le Père Noël t’amènera la nouvelle Playbox X jesaipakoi.

- Bon, d’accord ! Mais c’est pas juste. »

En cette période, elle pense à ces enfants démunis qui n’ont pas la chance de recevoir un cadeau. Et à tous ceux dont la famille est loin ou qui n’en ont plus et pour qui les fêtes de fin d’année ne revêtent aucune signification.

L’an dernier, elle a appris que deus de ses voisins avaient passé les fêtes seuls. Visiblement, ils n’ont plus de famille et ne reçoivent aucune visite. C’est, en tous cas, ce qui se dit. Elle en avait parlé avec Bob et tous deux s’étaient promis que cette année ils partageraient leur joie avec eux.

C’est pourquoi, il y a trois jours, elle s’est rendue personnellement chez Patricia F., qui vit à deux pâtés de maisons. Son époux, lui, s’est chargé d’inviter Gérard M., que tout le monde dans le quartier appelle Gégé. Connaissant assez bien la psychologie humaine, qui, bien des fois, s’avère très complexe, ils ne leur ont pas proposé de partager le Réveillon de Noël mais celui de la Saint Sylvestre. Ils ont d’abord, tout naturellement, refusé l’invitation puis, devant l’insistance dont ont su faire preuve Bob et Karine –en cela ils se ressemblent beaucoup ; ils peuvent être très convaincants-, ils ont fait mine de réfléchir et ont fini par accepter l’invitation.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Karine n’en tire aucun orgueil. C’est plutôt un honneur pour elle de recevoir à sa table, un soir de fête, deux êtres solitaires qui pourraient, par leur simple présence, beaucoup lui apporter. Elle ne peut concevoir de se divertir et de s’amuser alors qu’à deux pas de chez elle des personnes broient du noir et en viennent à maudire le jour où ils sont venus au monde. Pour elle et les siens, ce sera beaucoup plus que partager un repas ; ce sera partager de l’amour à un moment symbolique qui est le passage d’un cycle à un autre.

Tel est l’esprit de Noël selon Karine.

Par youssef
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 09:53

Karine est une femme qui s’interroge beaucoup au sujet de ses semblables. En regardant comment se comporte l’être humain d’une façon générale, elle pense qu’on ne peut qu’être saisi par ses motivations, par ce qui le fait vivre et avancer ici-bas. En effet, elle a cru remarquer que la plupart des gens aspirent au bonheur et empruntent tous les chemins qui semblent y mener. Mais, se demande-t-elle, qu’est-ce que le bonheur ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette notion et peut-on réellement l’atteindre ? Telles sont les questions qui lui traversent l’esprit lorsqu’elle voit qu’aujourd’hui tout le monde en parle : psychologues, magazines spécialisés, etc. Même les émissions de télé abordent le sujet.

Si elle s’en tient à la définition donnée par son modeste dictionnaire, le bonheur serait ce qui rend heureux ou apporte un état de bien-être, de félicité. Cependant, si l’on interroge les gens sur cette notion, les réponses sont assez variées mais ont toutes un point commun.

Pour les uns, le bonheur c’est d’avoir un travail plaisant, une belle voiture. Pour d’autres, ce sera d’avoir une belle femme (ou un mari) que l’on aime et qui nous aime en retour. Ou alors des enfants. Ou bien encore, pouvoir voyager, dépenser sans compter, se divertir sans se soucier du lendemain, faire ce dont on a toujours rêvé.  Beaucoup amassent de l’argent, coûte que coûte, pensant que s’il ne fait pas le bonheur il y contribue en large partie. Ils ne manqueront de rien, se disent-ils, mais à quel prix ? Les définitions du bonheur sont, semble-t-il, aussi nombreuses qu’il y a d’individus.

Karine, se penchant de très près sur la question, se rend très vite compte que le bonheur va, le plus souvent, de paire avec les choses matérielles. C’est ce qui explique le comportement de l’individu qui s’est lancé, dès les premiers temps, dans une quête effrénée et sans fin du matérialisme. Quête qui, ne l’oublions pas, a été –et sera encore- la cause de la perte de nombreux peuples qui se sont accrochés aux peu de biens qu’ils possédaient en oubliant l’essentiel. En effet, tout ce que l’homme possède, aussi riche soit-il, peut disparaître du jour au lendemain, en commençant par sa propre existence.  « A quoi bon donc s’y accrocher et leur accorder plus d’importance qu’ils ne le méritent ? », pense-t-elle.

La faculté de raisonnement dont est doté l’homme doit l’inciter à prendre conscience de l’imminence de la mort et, par conséquent, à vivre raisonnablement, de manière sensée et réfléchie.

Mais c’est loin d’être toujours le cas. Karine a pu constater, au fil de ses rencontres, que de nombreuses personnes, essayant de combler un manque de bonheur évident, ont des agissements pas toujours raisonnés : recherche de sensations fortes, de frissons, d’aventures, de risques, … Certaines femmes –il en est de même chez les hommes- s’efforceront d’être belles et désirables, refusant jusqu’à l’idée de vieillir. Ces personnes useront de tous les artifices pour effacer des rides disgracieuses ou des rondeurs et passeront la plupart de leur temps à se parer. Elles portent une attention particulière au paraître, pensant trouver le bonheur dans le regard de l’autre.

Karine se dit que beaucoup d’entre les hommes passent à côté de l’essentiel. En réalité, la recette est très simple. Si l’on rayonne autour de soi, en s’efforçant d’être naturel et honnête -avec soi et avec ses semblables-, on trouvera sans aucun doute une paix intérieure et une sérénité qui conduiront très certainement au bonheur tant recherché. En effet, on donnera de l’amour et on en recevra en retour. N’est-ce pas là l’essentiel ?

Par youssef
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Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 13:06

« Encore cette foutue boule au ventre ! » Cela fait des mois que ça dure et Karine en a plus qu’assez ; elle est sur le point de craquer. Ce qui la met dans cet état-là c’est l’ambiance de travail qui s’est détériorée au fil des années. Ou alors, comme le lui a si justement fait remarquer Bob, son tendre et cher, peut-être en a-t-il toujours été ainsi et elle n’y aurait jamais prêté la moindre attention, jamais jusqu’à ces derniers temps.

Elle est lasse de cette hypocrisie dont font preuve la majeure partie de ses collègues. Tout le monde s’embrasse le matin avec un grand sourire qui masque les sentiments véritables qu’il y a au fond de leur cœur. Karine n’arrive pas à comprendre pourquoi on ne dit pas clairement aux personnes concernées ce qui ne va pas, pourquoi tout le monde parle dans le dos de tout le monde et accuse à tort de tous les maux. C’est très pesant et malsain.

Très consciencieuse et concentrée dans son travail, elle est toujours restée étrangère à ce manège, à ces pratiques qu’elle condamne et dont elle veut se préserver. Loin d’être dupe, elle a bien vu que les gens ont l’habitude de retrouver à la machine à café pour discuter de choses et d’autres, comme partout ailleurs. Mais il suffit qu’une personne quitte le groupe pour aller aux toilettes ou vaquer à ses occupations, et voilà qu’elle devient la cible de critiques, de commentaires et d’histoires inventées de toutes pièces. Tout est passé au crible, de sa façon de s’habiller à ce qu’elle aura dit –ou pas. Ce qui est le plus terrible c’est que personne n’est épargné et tous les propos ou actes font l’objet d’interprétations aussi farfelues les unes que les autres.

Par exemple, si Karine –ou l’une de ses collègues- vient à s’absenter à cause d’un enfant malade – ce qui peut arriver à tout le monde, vous en conviendrez- on dira que son absence était prévue de longue date et qu’elle a échafaudé un mensonge. Cependant, et c’est le comble, personne ne viendra le lui dire en face !

« Mais où vont-ils chercher tout cela ? », se demande-t-elle. « Si je dois m’absenter pour une raison ou pour une autre pourquoi mentirais-je ? Quel serait mon intérêt ? Et après tout, pourquoi se mêle-t-on ainsi de la vie des uns et des autres ? Les gens n’ont-ils pas d’autre préoccupation ? N’y a-t-il pas des problèmes plus importants ? »

Tout le monde, ou presque, dans l’entreprise fait visiblement des pieds et des mains pour s’attirer les bonnes grâces du patron. « C’est pathétique ! » Marie, l’une des secrétaires, ne le lâche pas une seconde. Elle lui rapporte tous les faits et gestes des autres employés et colporte des ragots. Lorsque l’on fait appel à elle, quel que soit le moment, elle abandonne ce qu’elle est en train de faire et accourt. Et cela au détriment de sa vie de famille, qu’elle a, semble-t-il, reléguée au second plan.

Certaines personnes, qui ne sont pas entrées dans ce jeu vicieux, ont été tout simplement mises à l’écart sans savoir pourquoi car, comme on l’a déjà signalé, rien n’est dit ouvertement. Et Karine sent que son tour viendra prochainement. On ne peut pas les licencier ; il n’y a aucune raison valable pour cela. Alors, on les isole dans des bureaux éloignés et plus personne n’a le droit de les approcher. Le patron serait furieux d’apprendre que l’un ou l’autre serait entré en contact avec l’un d’eux même s’il n’en a pas fait mention. Mais cela tout le monde le sait.

Karine ne peut plus supporter cette situation car c’est pesant et ça la ronge de l’intérieur. Toutes ces salamalèques, tous ces faux-semblants ne sont pas dans sa nature. C’est pourquoi elle a décidé que lors d’une prochaine réunion elle dira tout ce qu’elle a sur le cœur et tentera d’avoir des explications sur ces agissements. Si quelqu’un a quelque chose à lui reprocher qu’il le lui dise en face.

Par youssef
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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 20:21

Un fait divers récent est quasiment passé inaperçu auprès de l’opinion publique. Mais cela n’a pas laissé Karine indifférente car elle est très sensible à la détresse et aux souffrances de son prochain.

On a annoncé, au journal télévisé, la mésaventure d’une dame, âgée de 69 ans, qui est restée enfermée dans sa salle de bains  car le verrou s’était bloqué de l’intérieur. Et son calvaire a duré près de trois semaines. Trois semaines, imagine Karine, qui ont du paraître une éternité. En outre, cette pièce ne disposant d’aucune fenêtre ni ouverture sur l’extérieur, elle ne devait avoir qu’une notion imprécise du temps qui passe. Cette pauvre dame a eu le temps de se remémorer l’intégralité de son existence qu’elle a sûrement vu défiler sur le carrelage blanc de sa salle de bains. Elle a eu le temps de s’imaginer le pire !

Elle s’est certainement acharnée de toutes ses forces sur cette porte afin de la forcer à l’ouvrir. Karine l’imagine exercer des pressions différentes sur la poignée afin qu’elle lui donne accès à la liberté. Mais, après quelques heures, après deux ou trois jours, elle a du sentir ses forces l’abandonner. N’ayant rien pour subsister –on entrepose rarement de la nourriture dans sa salle de bains-, elle a survécu en buvant de l’eau chaude pendant plus de vingt jours. Elle a cependant gardé espoir dans ce terrible calvaire. C’est pourquoi elle frappait, jour et nuit, contre les murs et sur les tuyauteries pour que quelqu’un l’entende et lui vienne en aide.

Que l’absence de cette dame soit passée inaperçue auprès de son voisinage, cela n’étonne Karine qu’à moitié. C’est, en effet, très révélateur de cet individualisme qui règne à notre époque. Chacun s’enferme chez soi sans se soucier de ses voisins ! Alors, on raconte que cette dame ne sortait que très peu de chez elle, seulement pour se rendre au centre commercial.

« Et sa famille, alors ? », s’interroge très sérieusement Karine. « Personne n’a donc essayé de prendre de ses nouvelles durant tout ce temps-là ? Personne n’a tenté de lui rendre visite ? ». Aux dires de ses voisins, cette dame n’a pas de famille. Mais Karine se méfie de ce que l’on peut bien raconter car elle sait bien qu’il se produit un phénomène extraordinaire dès qu’apparaît l’ombre d’un journaliste. Un micro, une caméra, et voilà que tout le monde sait tout sur tous les sujets !

Heureusement, tout le monde ne se montre pas si indifférent. Et c’est ce qui a sauvé la vie de cette personne. En effet, l’une de ses voisines a remarqué que l’avis de passage du releveur EDF était resté plusieurs jours devant la porte. C’est pourquoi elle a appelé les secours qui ont frappé à sa porte. Ils ont entendu une voix à peine audible venant de l’intérieur et sont entrés par l’une des fenêtres de l’appartement.

Cette terrible histoire laisse Karine très songeuse. Dans cette ère d’individualisme et de repli sur soi, on en oublie les valeurs essentielles. Les liens de parenté volent en éclats. Au lieu d’essayer de les resserrer, on rompt avec une facilité déconcertante, toute attache avec un père, une sœur, un oncle pour une raison X ou Y. La famille n’est plus un noyau solide. Cela est très paradoxal car tout le monde –ou presque- se cherche des liens virtuels via Internet. Mais là, il est vrai qu’il n’y a aucun contact direct et l’on ne fait pas directement face à ses interlocuteurs, ses qualités ou ses défauts. Et, surtout, personne ne nous renvoie nos défauts !

Par youssef
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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 14:31

On raconte qu’il y a longtemps, très longtemps de cela, dans une contrée lointaine, un groupe de moines gardait précieusement un joyau d’une valeur inestimable. C’était une pierre aux contours parfaits et d’un brillant éclatant, d’un brillant si lumineux qu’il aveuglait ceux qui s’en approchaient de trop près. Aussi durent-ils l’enfermer dans un coffre pour éviter de blesser quiconque.

Ces moines en avaient hérité mais personne ne savait dire exactement par quel moyen cela leur était parvenu ni pourquoi ils avaient été désignés. Ce qui était certain c’est que ce trésor, appelé Vérité, se transmettait de génération en génération. Aussi avaient-ils appris à s’en servir de manière judicieuse et à très bon escient.

Mais, au fil du temps, cette pierre suscita la convoitise de nombreuses personnes -rois, ecclésiastiques et autres gouverneurs- qui décidèrent de tout mettre en œuvre pour tenter de s’en emparer car ils comprirent très vite l’intérêt d’être en possession de ce qu’on appelait « La Vérité ». Quiconque était en possession d’un tel joyau pouvait l’utiliser de multiples façons. Beaucoup étaient à la quête de cet objet dont tout le monde parlait dans le seul et unique but de manipuler des êtres faibles et crédules.

Ces convoitises furent à l’origine de longues querelles qui firent passer cette pierre de l’un à l’autre. On se la disputa, on se l’arracha. Aussi, la violence de ces disputes fut telle qu’elle vola en éclats, éclats qui se disséminèrent aux quatre coins de la terre.

Cette nouvelle en déçut tous les défenseurs et protecteurs mais ravit les plus malhonnêtes des hommes. En effet, on tenta de la reproduire à l’identique. Mais toutes les tentatives furent vaines. En effet, tous les connaisseurs repéraient très vite les piètres imitations que l’on tentait de leur présenter comme La Vérité.

Aujourd’hui l’on sait bien que certains en ont trouvé des morceaux. Mais ceux qui en possèdent un s’en contentent en oubliant qu’il existe d’autres facettes de La Vérité. Et, aveuglés par l’ignorance, ils ne vont pas au-delà de ce qu’ils possèdent et présentent ce qu’ils ont comme le seul exemplaire de La Vérité. Ils vont même jusqu’à dénigrer ceux qui sont en possession d’un autre fragment, quelque peu différent de celui qu’on leur a transmis.

Les plus sages des hommes sont certainement ceux qui, sachant que la vérité a plus d’une facette, s’ouvrent aux autres pour en découvrir d’autres aspects.

Par youssef
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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 13:40

Elle m’a filé mail et numéro

après m’avoir fait son numéro

de charme : « Bonjour toi, t’es trop

mignon. J’te Kiffe, t’es trop beau.

 

Mais, madame, on ne se connaît pas !

Et puis,non, je ne vous permets pas

toutes ces familiarités là.

N’avez-vous pas vu ma bague au doigt ?

 

M’en fous ; c’est un détail, tu le sais.

Fidèle ? Aujourd’hui, personne ne l’est.

Je t’épouse pour l’éternité.

C’est fini, c’est vieux, c’est périmé.

 

Peut-être mais, moi, ces valeurs, j’y crois.

Homme volage ? Je n’le suis pas.

Quand bien même il y en a des tas

je me refuse à suivre cette voie.

 

Allez ! Ne fais pas le mec coincé !

Si tu as le temps, on peut aller

prendre un verre au bar d’à côté.

Tranquilles, on pourra discuter.

 

Non, non, n’insistez pas, madame.

Je vous l’répète, j’ai une femme.

Vous êtes jolie. Face à vos charmes,

je n’suis pas sûr de rester calme.

 

Accorde-moi un peu de ton temps.

Tu n’as jamais trompé, ça se sent.

Je veux juste prendre du bon temps.

Détends-toi, ça n’prendra qu’un instant.

 

Ah ! Non ! Si jamais je succombais,

c’est sûr, à jamais je détruirais

ma vie, ce que j’ai mis tant d’années

à bâtir, mon amour, tout ce que j’ai.

 

Si tu venais à changer d’avis,

Note le numéro que voici.

M’appeler tu pourras, jour et nuit.

Tarde pas, j’peux m’raviser aussi.

Par youssef
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